Mes Sugars

Dans le genre cavalier qui se la raconte en roulant sa clope en plein galop, j’me suis bricolé un guidon sur le tube de mon aspi-volant pour mieux caler en vol ma couenne assoupie. Avalant les nuages, recrachant les piafs, une fois le turbo enclenché je maîtrise enfin la première moitié du freinage mural. D’autant plus que, par mauvais temps, il me suffit de fixer un parapluie au centre pour éviter la pluie, assurant également une rapide, quoiqu’extrême, recharge de pile à boost. Le moteur, c’est simple comme un coup de foudre. Un autre fameux réflexe aurait été celui de choisir une autre paire de bottes, sans boucles métalliques, mais mon cerveau n’avait apparemment pas reçu la mise à jour. Pour vous la faire courte (lol) disons que je suis entièrement réveillée à présent.

Station de Ravage en mire ! Glissade désespérée sur les tuiles et brutal arrêt cheminée. Pose ta gaine, Ma’ Zigo, pose ta gaine (ouaip, parfois j’entends Melo sous ma capuche). Descente par le conduit, réception dans la pièce à ballons. Retape de tunique et remontage en règle des cuissardes le long du couloir. Entrée. Je décalque la lourde battante, trace avant qu’elle ne me gicle au retour. Berserk s’offusque, cloué dans les pans de ma longue cape, le poil lessivé et tremblant. J’annexe un tabouret de bar et reluque par delà le comptoir. Perplexifiée dans le flou du grand miroir, elle raccroche sa mâchoire avec minutie puis enduit ses dents saillantes de vert à lèvres. Globulant tels des oeufs plongés dans l’eau bouillonnante ses mirettes déambulent entre séduction bestiale et sagacité sous acides. J’avise ma goule préférée :

_ B’jour, Wanda !
_ Gné ?
_ Je prendrai une fiole de beastie et un pack de sugars extra larges.
_ Périmés ou frais ?
_ Un mélange
_ 5+4 tranches.

Je sors ma bourse à pains dans la tronche. Ça couine, ça twiste. J’extrais une belle miche de larsens, la place sur le comptoir, débite à la serpette les 9 coupures.

_ Mur 7.
_ Thanx Wand’

Les rince-cages sont alignés juste sous les présentoirs muraux à gazettes. Tu colles tes ouïes sur un programme coton et pendant le lapse de temps où le monde sonore se transmute en b.o. intégrale du Grand Bleu, te reste plus qu’à faire ta Nikita, une palette truffée de ragots dans la pogne droite et la gauche trifouillant les 101 distributeurs à bonbeks. Le pur kif, quoi.

La lumière vert fluo me cogne à la rétine au même moment où je vise Berserk avec une gomme rouge en forme de gratte. Il la prend dans l’oeil, couche direct ses oreilles pointues, crache, puis se retourne et s’assied en signe de protestation. Il me toise, mais de dos. C’est un truc vachement fort, ça, un truc de chat. Quand on ne sait pas retomber sur ses quatre pattes sans se rater de temps en temps, on ne peut pas comprendre.

_ Désolée, mon vieux. Bon, c’est prêt.

Berserk, allongé, mire le plafond avec franchement ce qui ressemble à un énorme ricanement félin. La transe n’a pas quitté mon squelette une seule seconde depuis que j’ai réinséré mes esgourdes, d’ailleurs ça fume sur la jointure du carrelage blanc-mauve-noir du Wanda Bar. Fondue de semelles. Mèches sugars de lacets ? Mes boots ont littéralement explosé !!!

C’est promis, juré, craché, Zigomabelle, j’ai absolument tout écouté, ça bourdonne encore au fond de ma boîte crânienne et j’ai les oreilles qui saignent !! Noooon, mais moi, mon niveau max est !! Sur le coup, je passe, confirmation que le sugar et moi on est définitivement fâchés !! – MeloP

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