La Reine des Pâquerettes

_ Berz ! Sardine ! Arrêtez de m’voler autour, j’suis UN PEU sur une échelle, là ! C’est pas croyable une chose pareille. Non, y a pas moyen ! Le niveau d’risque n’est jamais assez élevé pour vous, jamais. Par contre, quand une tarte me vient droit sur la trogne, alors là y a absolument plus personne pour s’interposer, bah ça non, tu penses bien.

Un vieux rire sournois jaillit depuis le placard lugubre de ma mémoire, juste au moment où je me rattrappe à une branche, solide. Je revois le museau satisfait de Melo, me toisant de toute sa hauteur enserviettée, tandis que j’agonisais sur le carreau, la truffe écrasée contre le moule à tarte garni de crème.

_ Mawoo ?

_ Toi, l’velu, on n’t’a pas d’mandé l’heure ! OUSTE ! Allez jouer ailleurs, bande de charognards !

Sardine prend de l’altitude, pique à une vitesse folle, puis tente de décrire trois cercles à l’orée du bois avant manquer de planter son bec contre un bouleau. Plus loin, au fond du jardin, somnole un puits au dessus duquel la poulie rouillée s’est mise à grincer. Le seau, qui pendouillait là sereinement, se noie, ressurgit, et remonte, traînant avec lui, comme une berline de jeunes mariés ses casseroles ficelées, une miel-faisance de tronçonnants accords qui réverbèrent leur joie de braire sur l’eau croupie. Mince, c’est déjà l’printemps !?!

Je saute de mon arbre, dépêche un rateau, le chevauche en amazone, et file droit sur la maudite corde. Ma botte en écrase à temps l’extrémité fuyante, empêchant la chose qui serpente et tourbillonne au fond du puits de jouer les pénibles avec mes nerfs et avec mes palmes. Parce que c’est vachement froid, l’eau de source, que ça pullule grave d’algues et de vase là-dessous, sans compter que je ne suis pas franchement ce qu’on pourrait appeler une mordue de l’apnée, et, griotte sur le pudding, que l’andouille de blaireau qui a saboté mon anneau d’amarrage vadrouille librement sans ecchymose. Je répertorie mentalement les poêles à griller et me décide pour celle à châtaignes. Quand il sera près de moi, il ne tardera pas à voir la vie en bleus.

_ blop bl bl

L‘ange zombie, toute d’écailles dévorées et de voilages déchirés, dégoulinante et radieuse, s’installe sur le rebord rocailleux, les ouies clignant d’impatience. Je décroche mon plein seau et y plonge rapidement la tête afin d’adresser l’expression bullante de mes respects les plus solennels envers la gente poiscaille. Elle glousse et sa mélodie frit instantanément la cire confite sertie aux confins de mes esgourdes. J’inspire profondément, m’enfonce jusqu’à la nuque dans le seau et m’en extrais les deux joues gonflées de flotte. Je plaque les mains sur mes oreilles. Ensuite je me gargarise, les cinq premières fois en recrachant l’eau par la bouche, puis la sixième et la septième fois je termine en la soufflant par le nez. Mine de rien, je viens de lui souhaiter longue vie, tout en accueillant la splendide et copieuse montée de sève annonciatrice du prompt retour des bourgeons, dans un parfait blablaquatique borborygme à syncope variable. S’agit bien évidemment de ne pas se mettre à dos la Reine des Pâquerettes.

_ beeblop triiiitablok

J‘insère mes pouces dans mes poches à larsens, déploie mes doigts en éventail, et la salue en faisant rapidement pivoter mes mains d’avant en arrière. Elle me sourit, incline sa poire crânienne, se penche et plonge vers les profondeurs du puits. Le gros Schplafsch. Apparemment elle a fait un plat. Toutefois, si tant est que cela puisse lui conférer sur l’heure un genre un brin quiche, il vaudrait quand même mieux ne pas trop moufter : Queen Daisy, Adreenaline de la Gorge Side of Life, nacre chaque embrunt vitriolangoureux de rubis. Symphibie du grand rockhestre harmmoniacal.

Pas déplaisant, un joli brin de voix, une musique sympa, mais fait étrange et je ne sais vraiment pas pourquoi, le mélange ne prend pas dans ma caboche ! Néanmoins je réécoute encore, j’vais pas rester sur cette impression – MeloP

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