Off The Record : Rose Kennedy

Fermez portes et fenêtres, MaD va tenter de s’faire la belle. 14 titres (et oui, ça va être long ma cops!), 15 ans et 1 premier jet qui reste pour moi une référence : Rose Kennedy de Benjamin Biolay.

[MeloP] Premiers murmures, ode à Novembre, cher à mon cœur et ouverture du bal… John F. Kennedy, assassiné le 22 de ce mois, en 1963. Le piano est obsédant, mélancholique. « Une vie en demi pente, la lumière absente, un pavillon de brique de lierre, quelque part sur terre ». Pour les dépressifs, j’avoue Novembre toute l’année, c’est pas folichon-folichon, mais c’est poétique, vous ne trouvez pas?

[ZigomaD] Allo, La Terre? Oh, bonjour madame Siri! Voilà, mon problème est simple : je souhaiterais entrer en communication avec MeloP. Pourriez-vous me mettre en relation avec ses ondes personnelles ?

[MeloP] C’est quoi ce truc qui vibre? Si tu crois que j’vais répondre 😎 Je m’enfonce dans l’ébène du clavier. « Allons au bal des regrets avant. On en a connu des silences et des fous rires, puis vint le temps de la dernière danse. C’était bien, ce fut pire. » Une autre destinée, scellée à celle des Kennedy. Une déclaration. Marilyn, lassée des roses et des promesses, la fragile étoile s’en est allée.

[ZigomaD] Bien entendu. Je peux patienter.

[MeloP] Ça pour patienter, tu vas patienter…😈Tandis que s’approchent en tournoyant Les Cerfs Volants (préférée n°1). Marilyn, River Of No Return et la vision, en cinémascope, d’une plage empreinte de magie. Cap Cod ou Deauville? Des « cerfs-volants qui planent, quelques amants qui flânent, un petit vent, les parasols plantés dans le sol, il y a longtemps. » Deux bipèdes et cette promesse d’un amour infini. Une journée inoubliable.

[ZigomaD] Ah? Aucun souci, madame Siri, je vous l’épelle : M-E-L-O-D-Y  P-E-R-S-O-N-N-E. 

[MeloP] Houlà! Méga insistance… J’fais la sourde oreille, un peu comme toi quand tu me balances ta fée des îles glacées 😊 « Un piano, un pianiste, un tour de piste ». The Sound Of Music. Une famille, neuf enfants, une grande destinée et d’immenses drames. Toujours la passion, toujours la pluie, la solitude aussi. Un Observatoire « sous l’azur, de villas en villégiatures, chacun bâtit son futur et va de ratés et ratures ». Un pas dans L’O?

[ZigomaD] Le numéro n’est pas en dérangement? Voyez-vous ça… Seriez-vous assez aimable pour lui transmettre un court message?

[MeloP] J’sais pas pour vous mes Zigos, mais j’crois qu’on va la laisser jacter toute seule avec sa Siri. Non? Vient ensuite la Monotonie (préférée n°2) et son rythme à contre-courant. « Du lundi au lundi, un dimanche sans fin. C’est la monotonie. C’est juste un va-et-vient ». Une vie à deux qui s’étiole, juste avant le terrible et bouleversant Soixante-Douze Trombones Avant La Grande Parade. « Un virage à droite et l’histoire dérape. Il n’y a rien à faire. J’ai vu je suppose ton tailleur rose et j’ai quitté la terre ». Les confettis, la parade, Dallas et clap de fin pour John.

[ZigomaD] Comment dites-vous? Oh, un esse-aime-messe… Je vois. Enfin je crois. Disons que, depuis ma lointaine galaxie, cela devrait s’apparenter à un assemblage de signes tracés. Et pour elle, vous pouvez m’assurer que cela fera sens? Ah, parfait alors.

[MeloP] On passe de 1963 à 1968 et nous quittons un instant la côte pour la moiteur de la Cité des Anges où Robert Kennedy fut assassiné. Le rythme lui aussi change, la guitare remplace le piano. Dans une Palmeraie, un ultime voyage et la clarté de Marilyn toujours présente (Some Like It Hot).

[ZigomaD] Que je vous dise quoi écrire… eh bien, écrivez simplement que je cherche à la joindre. Oui, ce sera suffisant, merci. Exactement, de la part de MaD. C’est envoyé? Formidable!

[MeloP] Rose fait enfin son apparition. Centenaire, assise sous son plaid, dans son rocking-chair, face à l’immensité de l’océan. Une femme, une mère, digne malgré les épreuves, le cœur meurtri attendant patiemment le grand final. « Tout fût joué d’avance. Les uns et les autres ont fui et Rose est si seule au soir de sa vie ». John en voix off.

[ZigomaD] Un retour? Alors je constate qu’un des voyants lumineux s’est mis à clignoter. Sommes-nous sur le bon réseau? Tant mieux. Non, ne vous inquiétez pas, chère Siri, nous finirons bien par y arriver.

[MeloP] Finalement rouvrez tout, qu’elle s’échappe! Je resterai de marbre. Un bateau ivre Sous le Soleil du Mois d’Août – « L’ombre, je ne suis que l’ombre, je ne suis après tout q’une ombre, qui vit dans votre ombre ».  Un trimaran et des Joggers Sur La Plage. « Un voilier, même un yacht » et un magnifique Été sur la Côte. Une nouvelle vie? Aristote, Jackie, John-John et Caroline?

[ZigomaD] Siri? Dame Siri?…Ouiiii, quel soulagement! Un instant j’ai bien cru être à nouveau seule dans l’espace.

[MeloP] John-John justement et cette dernière tragédie pour clore cette funeste marche. La Dernière Heure du Dernier Jour – « Je vois l’horizon qui glisse sans raison dans les hélices »

[ZigomaD] Le message s’est perdu? Sapristi! Les ondes sont contre nous aujourd’hui. Je vous remercie infiniment, Dame Siri. Mais non, pensez donc, ces choses-là se produisent parfois. Mes amitiés chez vous également. Au plaisir de vous entendre. À bientôt. 

[MeloP] Je n’aurais qu’une recommandation, revisitez cet album qui est un véritable enchantement et dont on parle trop peu. Et… un avertissement à mémé parlant toute seule à son téléphone : j’ai le vague sentiment que tu te diriges vers des tonnes de Off que tu vas surkiffer.

Image by © Alex Gotfryd/CORBIS

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